Dans nos gènes

Publié le par Adonis

   Ce matin, je l'ai vu. A plusieurs dizaines de kilomètres de chez moi, c'était pas possible. J'ai crus que j'avais halluciné. Pas si loin ! J'avais un mal de crane impossible. Vraiment la tête dans le cul. Les vibrations du car me donnait envie de gerber, pourtant j'étais assis. J'essayais de regarder un peux sur le coté pour mieux le voir. Mais une veille se tenait debout et bloquait mon champ de  vision. Elle me regardait méchamment. Je n'avais qu'un vague souvenir de la soirée d'hier. Je m'étais trop bourrée la gueule.

    -GREEEU WOUAF WOUAF
    -Merde, des clebs, ils ont lancée les clebs.
    On voit que dalle. On est en pleine nuit, 2-3 h du math. La bonne bourgeoisie est sensé dormir. Plus maintenant. J'entends sa voix paniqué à ma droite. Je hurle:
    -On se tire putain.
    Je me tends comme un ressort. Je me propulse à ma droite. J'entends des aboiements de ces sale bêtes partout. Je les entends se rapprocher, mais je sais plus trop ou je suis. J'ai pas fais gaffe par ou je passais quand j'étais rentré. Je fuis, les aboiements se rapproche. Un mur végétal me bloque, je passe par en dessous. Quand je me relève, une main m'agrippe.
    -Don' , c'est toi?
    C'est Dolores, pas le temps de lui répondre. Je l'attrape à mon tour et je cours tout droit.  Des bruits de pas  précipités surviennent à ma droite.
     -Nat', t'est la?
    -Oué, pourquoi?
    -T'as une clope?
    Il répond pas. On continue à courir. Le mur ne doit plus être loin maintenant. C'était pas complètement obscur, l'obscurité sa n'existe pas à Paris.  Y avait un peux de pénombre, j'ai vus le mur.  La petite statuette qui était sur la table d'extérieur s'est brisé quand je l'ai jeté par terre. Je me suis foutu sur la table, j'ai escaladé le mur. Quand j'étais en haut, j'ai donné la main  à  Dolores.  Elle n'est pas trop petite, et puis Nathael lui faisait la courte échelle. Juste au moment ou elle s'est  hissé sur le mur, quelqu'un a hurlé  :
    -Bordel, qu'est ce que c'est que cette merde, ou êtes vous?
  Nathael était encore en bas. Il paniquait un peux. Il  a dit , tout bas.
    -Putain, les gars, j'ai pas le temps de moisir ici. Don' ta main, vite.
     Je la lui tend. Il l' attrape. Il essais de sauter, rate son coup, la table tombe. J'ai juste le temps de l'attraper par l'autre bas.
    -Dolores, tu peux le tenir quelques secondes ?
    -Vite!
    Je saute par terre. J'attrape les pieds de Nat' qui se balancent dans le vide. Je le soulève. Il fout une première jambe sur le mur. Il est entièrement dessus. Il me dit:
    -Vite, prend ma main.
    Le type surgit derrière mois. Il m'éclaire de sa lampe torche.
    -Qu'est-ce vous faites ici, ne bougez plus salopard !
    Les chiens sortent en même temps des feuillages. Ils se précipitent vers moi.
    Je saute, j'attrape de justesse le bras de Nathael . Je prend appuis contre le mur pour grimper. Les chiens sont en dessous. Un saute et m'arrache un bout de pantalons. Je m'en fous, c'était un vieux survet.
    -Restez ici voyous!
    Je suis maintenant debout sur le mur. Les autres viennent de se barrer en courant. Je montre mon cul au type. Puis je les suis. Derrière, j'entends plus trop ce que l'autre gueule.
    Au bout de 100 mètres, on s'arrête.
    -On fait quoi maintenant?
    -Il vas appeler les flics. On se planque la dedans, le temps que sa se tasse.
    On déplace la veille poubelle. On grimpe le portail. On est dans la cour intérieur d'un immeuble. Je m'allonge par terre. Je regarde les étoiles. Il fait encore chaud, on est à la fin de l'été. Je suis heureux, Paris m'appartient. Il fait trop sombre, je ne suis plus un beau gosse, je n'ai plus de physique, je n'ai plus de corps. Je ne suis plus que le roi de la ville. A un moment, je ne sais pas trop quand, le temps s'était bloqué depuis plusieurs siècle. A un moment, je vois une étoile filante passer. Je me suis dit que sa exigeait une décision. Mais j'étais trop bourré, c'est plus probablement de la cendre incandescente qui volait. Je dit:
    -Sa fait combien de temps qu'on fait sa?
   Nathael pissait dans une boite au lettre. Il me répond :
    -Qu'on fait quoi?
    -Sa la! Les virés du  mercredi soir. Se bourrer la gueule, explorer la ville le plus loin possible. Aller n'importe où.
    Il se remontait la braguette.
    -Chez pas... trois mois?
    -Oué, et on sait toujours pas jusqu'où on vas chaque soirs.

Dolores fumait un joint allongé sur un banc. Une sirène de flic hurler dans la nuit.

-T'as raison, faudrait qu'on marque sa, qu'on fixe chaque fois notre progression.

-Tu vois , un truc qui rappelle la liberté, l'exploration. Un truc qui rappelle que rien nous sépareras, qu'on sera toujours ensemble.

Je réfléchis. Dolores me file son joint. Sa me rend créatif.

-Nath, t'as toujours ta bombe rouge?


Le feux est passé au vert, le bus a démarré. J'ai pu le voir. J'ai souris. Sur la porte du commissariat était tagué un 3 horizontal. Sur les ailes de cette oiseau stylise était écris A.D.N.

Adonis

Dolores

Nathael.

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A
Ca me fait repenser à beaucoup de choses. J'ai 2 ans de moins que toi, mais j'ai fait à peu près la même choses, avec des potes, mes meilleurs amis. C'est fou s'qu'on rigole. Je suis la seule fille de la bande. La compagnie des gars est cent fois meilleure que celle des filles. Mais j'adores mes amies.
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