La vieille
Les vieilles peau sa aiment la chair fraîche. Elle ne peux pas s'empêcher de me tripoter, de me bouchonner de me bichonner de me bécoter de m'enlacer. Je suis tout humide, j'essaie de me protéger dans ma carapace et de me débarrasser de toute cette bave. Bref, je proteste:
-Arrête mémé, tu m'mouille!
-Bin alors, t'est imperméable à mon affection?
Je lui crache dessus, qu'elle est aussi de la salive qui lui dégouline la caboche. Je gueule:
-Veille bique.
Je me barre en courant. Elle rougit, elle crie:
-P'tit con
Elle me poursuit.
Elle a 72 ans le fossile, mais elle court plus vite que si on lui avait piquer son faux dentier. Je défonce la vieille porte qui grince, j'entre dans son antre qui sent le moisis. Qui sent la bouffe aussi. Du poulet aux herbes, j'ai pas le temps de détailler plus. Je me précipite vers l'armoire. Elle a encore diminué. Ce meuble diminue à chacune de mes visites. Je me planque dedans. Je me suis planqué dedans si souvent quand j'étais gosse pour échapper à ma grand mère. Elle rentre dans la pièce. Elle gueule:
-T'est ou p'tit con?
Je répond pas. Je ne respire pas. Je ne bouge pas. Je regarde à travers la petit trou qui perce la porte. Elle prend le vieux tromblon au dessus de la cheminé. Elle dit:
-Je te donne 10 secondes pour sortit de ton coin prendre ta raclée. Je compte. 10...
9 elle regarde dans la petite cuisine, à l'autre bout de la pièce. 8 elle regarde à coté, vois si je suis pas dans les chiottes-salle de bain. Sa prend 3 secondes.5 elle vas au milieu de la pièce, voir le placard à manteaux. 4,3 et 2, elle regarde derrière les rideaux, juste à coté de moi. Elle dit:
-Plus qu'une seconde, je sais ou tu te cache p'tit dégénéré.
Elle fait un tours sur elle même, vers moi. Sa fait film d'horreur. Une vieille, les yeux exorbité,son fusil à la main, qui se retourne avec une vitalité démoniaque. Elle empoigne la porte du placard, elle ouvre.
Elle braque son fusil sur mon front. J'ai le contact glacé du métal sur mon front, je dis rien, je la regarde dans les yeux. Elle hurle:
-PAAAAAAAAAAAN
Et elle précise, tout doucement:
-T'est mort.
On se regarde toujours dans les yeux. On éclate de rire. On se tient par l'épaule. Ou plutôt, je la maintient, je fais un triple décimètres de plus qu'elle. On en peux plus de rire, mais mémé sort quand même. Mes parents, ma soeur, mon frère, son encore dehors.
Ils font la gueule, Mémé ne leur a toujours pas dit bonjours.