Malentendu

Publié le par Adonis

  Merde, je fais quoi la? J'ai pris son flingue que pour déconner. J'ai juste visé, je voulais pas tirer, pourtant, c'était simple, pourquoi a-t-il crus que je voulais shooter ?

   -Ne fais pas ça petit con, ne tires pas, mes potes t'exposerons la gueule!

   Il parle vraiment comme çà. Il est con, il est faible. Ces potes en auront rien à foutre. Jusqu'ici, je lui filais toujours son fric, à cause de son fusil. Je prétextais une excuse bidon à ma mère, chaque semaines, un livre à acheter pour les cours, une sortie organisée avec la classe, un nouveau stylo à acheter, elle croyait sûrement que je m'achetais de la drogue. C'est écrit dans ses magasines féminins, dans la rubrique ado, entre les recettes de cuisines et les programmes minceurs. C'est un classique ça, le gosse qui demande des sous chaque semaines, qui s'éloigne de ses parents, qui se renferme, pas de doute, c'est la drogue. Quoi d'autre ou sinon? Un racquet, ça ne pouvais pas lui arriver, lui  si sportif, musclé, mon gosse n'est pas une fillette, c'est plus de son âge de se faire voler son goûter dans la cour de récré.

    De toute façon, dans le fond, ma mère elle s'en foutait, elle se sentait obliger de me filer cet argent de poche pour me mettre à égalité avec mon frère, accrocs aux marques. C'est un moyens facile de se faire croire qu'on ne fait pas de favoritisme.

    Je comptais vraiment lui donner mon argent quand il me l'a demandé. Mais il a vu un de ses amis qui passait, il en pas mal dans le coin, c'est logique, ils se font tous des sous de la même manière. Il à posé son arme pour aller lui serrer la patte. Alors, j'ai pas réfléchis, je l'ai pris, j'ai épaulé, il  s'est retourné.

    Y a eu malentendus. Il croyait que je voulais tirer.

-Mais tu vas lâcher çà sale...

Et puis, il s'est dit que la situation n'était pas à son avantage. Il se l'ai joué diplomate.

-Ok, tu pose ce fusil, tu me donnes tes sous, et je ferais comme si rien ne s'était passé.

-Que dalle!

    Que dalle. J'ai dit que dalle. J'arrivais pas a croire que je l'avais dit. Pourtant, il avait promis, et moi je continuais, pourquoi je cherchais ces emmerdes? Peut être parce que j'en avais marre de perdre du fric bêtement toute les semaines, peut être pour le sentiment de puissance que provoque un fusil chargé et près à faire feux, peut être parce que Nath, Nath qui me reproche si souvent d'être soumis, de pas osez me rebeller, peut être parce que Nath me regardait et m'encourageait. Et puis, peut être, il me l'aurait pas dit, mais peut être était il fier de moi.

    Peut etre tout simplement pour ne plus jamais lui donner mon argent.

    J'avais mon doigt sur la gâchette. Plus qu'a quelques millibars de la détonation, quelques kilonewtons de l'infraction, quelque Pascals seulement...

    Jusqu'au dernier moment, il a pas crus. Il me connaissait depuis quelques temps déjà, enfin, me connaître, c'est un bien grand mot, il me connaissait juste assez pour me demander du frics.

    J'ai appuyé. J'ai tiré, trois fois, pour être sur de l'avoir.

    Nath a rien dit, j'ai attendu la suite.

    -Ok, t'as tiré dans la cible. Mais des petits con qui paient pas, comme toi, j'en veux pas. Qu'es tu crois, t'es pas mon seul pigeon. Rentre toi bien ça dans le crane; la prochaine fois que tu reviens à cette fête foraine, n'essaie même pas de t'approcher de mon stand de tir.

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article